Voici le pain de la mémoire

Après des siècles d'horreurs,
Certains ne savaient plus où vivre,
Leur coeur voulait qu'on les délivre,
D'une si longue absence de chaleur,

Ce n'était partout que crimes,
Atteintes portées à toute créature,
Chaque naissance humaine masquait une fêlure,
La démence régnait au bord de l'abîme,

Comment rester sans réagir,
Ne pas ressentir d'effroi,
Devant tant d'aveuglements?
Les maîtres du monde choyant le pouvoir et l'argent,
Plus que le devenir d'un enfant !

Il nous fallait changer le sens,
D'une Histoire qui se disperse,
Préserver les étincelles d'innocence,
Que d'aucuns mettent à l'index,

Les fantômes en grand nombre,
Ruinaient les arcanes de l'amour,
Enseveli sous les décombres,
De la roue sombre des jours,

Nous devions lutter pied à pied,
Contre la perte des repères,
Sauver les âmes abandonnées,
Aux mains des Erynnies de l'enfer,

Voici pour vous mes frères, le pain de la mémoire,
Cuit au four d'une attention sans bornes,
Quelques mots en forme d'espoir,
Ce chant de l'oiseau éclairant une viorne,

J'ai rêvé pour vous, de bras de mer,
S'enfonçant au plus loin dans les terres,
Tendres offrandes de jours nouveaux,
Ceints de mouettes au blanc manteau,

J'ai rêvé pour vous de chemins clairs,
Caressant la robe des sous-bois,
De bras nus sous les feuillages verts,
Laissant les écureuils sans voix,

J'ai rêvé pour vous de pays d'accueil,
Lovés au-delà des frontières,
Baisers de prairies, peupliers courtisant les rivières,
Paradis suggérés du mystère des seuils.

                   

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