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Fente sur l'ailleurs, Puits aux milles saveurs, Le jour est un bouquet de fleurs Et son propre vase aussi, Droit comme un i, Lien de coeur Joignant deux durées d'ombres, Ô pur éclat du jour, Extrait des mines de charbon Qui l'entourent, Jour jailli des moissons du temps, Jour cri de l'espace nouveau-né entre deux rochers, Cluse prise au collet Par deux avancées de forêts, Debout de tout son long, Le jour est un renard roux, A la robe profonde, Ô jour tu me ravis ! Brèche vers l'infini, Soutènement des nuits, Fenêtre sur la vie, J'apprends le sens du mot jour, A chacun de tes pas mon amour ! Plein jour des neiges éternelles, Etreinte des origines ! Jour, frondaison d'arbres sur la plaine Tels des chevaux en liberté, Crinières de tant de jours, Jour réverbère du noisetier Que l'écureuil allume, Jour, lumière des vergers, parmi les champs Solaires de l'amour ! Ô broderie des jours, à la frange des vagues ! Que de lieux célébrés par la grâce du jour Que d'endroits ravivés ! Jour amande de tes yeux mon amour, Jour fontaine s'éteignant au crépuscule, Pour repartir à l'aube de plus belle, L' arbre jour, a pour veilleuses les nids, Jour oiseau, tu nous entraînes vers les pays du rêve Où de l'insomnie, Tu glisses tes plumes dans la tendresse intérieure des choses ! Ô femme jour, je fête ta présence, au midi brûlant de tes cheveux, A travers cette lueur d'iris jaunes, Baignant les rives de ton cou.
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 Chagall : Le violoniste bleu
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