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Ô toi, en qui depuis toujours je crois
Fidèle à tes promesses d'été Quand frémit ta chevelure de blé Tes lèvres devenant coquelicots Je reprends vie dans ta robe qui tournoie C'est toujours la première fois Ce mouvement de rivière de tes poignets L'univers naît à partir de toi Je n'ai jamais cessé de t'aimer Mon coeur oiseau niche au creux de tes mains Passant par toutes les couleurs De la passion, apaisant mes frayeurs Je vois briller sur les collines tes seins Tes épaules ensoleillent mes vergers Qui t'offrent leurs plus beaux fruits Au moindre geste que tu fais Mes hanches frissonnent de perdrix Tu sais, il y a tant à se souvenir De mondes privés de ta présence A cause des guerres, de l'indifférence Comment soigner ces blessures, ces délires ? Soulagerai-je un jour mes équipages ? Ramènerai-je au port mes navires ? Ô toi, en qui j'ai toujours cru Refusant d'agir selon le sens commun Réfractaire aux amours sans lendemain Vers toi je marche l'âme nue ! J'enjambe les cimetières, tant d'effroi Il me faut l'accord des morts pour t'aimer N'ont-ils pas plus besoin que moi D'un Amour inouï pour les enivrer ? Il y a des lustres que tu as disparue
Ta vie foulée aux pieds de l'infamie
Ô Eurydice, ton absence en plein midi Ruisselle en moi tellement je t'ai perdue ! Qui rendra aux disparus Les caresses du printemps Lorsqu'en rêve tes doigts croisent les miens Fleurissant l'espace mû Par d'innocents desseins Toi, en qui depuis toujours je crois Pour un autre déroulement des choses En mon coeur glissent tes eaux vives, leurs pétales de roses Abreuvant les êtres qui ont froid Mes pensées parcourent tes jardins Les motifs de ton chemisier Accroissant les labyrinthes du temps Par l'innocence ravivés Tes fenêtres ô purs désirs Donnent sur maints enchantements De feuillages épousant les chemins ! J'ai recours aux méandres de l'enfance Afin d'épuiser les méfaits quotidiens D'une humanité en déshérence Tes mains tressent des soleils d'insouciance Annonçant les plus beaux lendemains Une à une les sources prennent feu Frôlées par tes oiseaux Une biche au milieu du ruisseau D'un regard reflète nos aveux. |
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