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Quelle que soit l'heure, le ciel est ma demeure, Que je sois prince ou voleur, Parfois les deux à la fois, Auprès de la lune, j'ignore le froid, Les étoiles sont ma loi, Je danse au milieu des fleurs ! Quelle que soit l'heure, un champ fait mon bonheur, Que je sois paysan ou jongleur,Souvent les deux à la fois, Contre l'herbe je n'ai jamais froid, Les vaches portent leur robe de soie, J'écoute l'univers, ma tête sur leur coeur, Quelle que soit l'heure, un arbre est mon sauveur, Que je sois oiseau ou rêveur, Toujours les deux à la fois, Dans les feuillages, j'évite le froid, A chaque voûte, surgit la joie, J'épouse mille mondes qui chatoient, Quelle que soit l'heure, une rivière est ma soeur, Que je sois artiste ou cincle plongeur, Forcément les deux à la fois, Entre les flots, j'escamote le froid, A chaque pli, une Ondine se déploie, Son innocence me comble de ferveur, Quelle que soit l'heure, la pluie est mon Amour, Quelle me pince ou me transperce, Je lui dois tous mes émois, Talons aiguilles, lianes, herses, Ses actes ont raison de moi, Je m'épanouis au son de sa voix, A n'importe quelle heure, la neige a mes faveurs, Je nais, je meurs sous ses gestes enchanteurs, En son sein, je ne réponds plus de moi, Un trop-plein de caresses épuise la malheur, De chapeaux et manchons la nature s'accroît, Une infinie présence embrasse les sous-bois.
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Chagall : Les Amoureux de Vence
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