|
Tout est fait pour nier la part intime des êtres! / Pendant que les spéculateurs rongent leur or /Qu'à la bourse des gens en délire gesticulent / Nouveaux marchands du temple! /Les gouvernants de la planète ont la part belle / Endimanchés dans leurs assemblées feutrées / Adossés à leurs privilèges, vêtus de costumes trois pièces / Une chevalière au doigt, de la bedaine en veux-tu, en voilà, / Ils règlent les affaires courantes
SUR UNE JUPE
Rivières et champs, sur ta jupe feuillagée, mêlent leurs rêveries/ La terre rejoint l'immédiateté de l'eau/ Le jour multiplie les ilots de lumière et d'ombre dans les ramées/ L'espace, comme évasé, prolonge ses méandres/ Des caresses de branches et de ciels, entourent amoureusement les fruits mûrs !/ Un coin d'horizon creuse son lit dans l'aube communiante d'une peupleraie/ Sur ta jupe, c'est toute l'étendue du Monde qui vit !/ Comment ne pas vouloir se perdre dans tous ces paysages où s'entre- croisent combes et cluses en plis de fragrances et souvenirs jusqu'à tes pieds !/
CHAQUE JOUR QUE FEMME FAIT !
Toi que j'ai mise au monde A partir du rêve de chaque créature animale,humaine éprise d'absolu ! Fuyant la dérive des incontinents aux désirs salaces, Toi que je porte en moi tel un univers mystérieux CHAQUE JOUR QUE FEMME FAIT ! Ta mémoire est un oiseau blessé, Recueilli,soigné entre l'adret et l'ubac de ma vie Je ne saurais aller vers toi selon cette mise à mort Couramment pratiquée,par des générations Voyant en toi l'opportunité d'affirmer l'appétit d'instincts grégaires Susceptibles de tuer l'Innocence ! Ces humains-là se parlent,mais rien en eux ne transparaît Que la surface des choses, En s'en prenant à toi(même en pensée) C'est au monde entier qu'ils portent atteinte Menaçant les fontaines de tes bosquets Dont l'Amour inonde la voûte céleste, Ô toi,dont les forêts enflamment les départs d'étoiles ! Toi,rivière aux lèvres magnifiant la campagne Ô Femme,je voudrais te dire combien tu manques au monde! Que n'as-tu enduré pour que l'on soit si éloignés l'un de l'autre ! Ô Femme,quand reviendras-tu ?
ARCHITECTE DE LA MEMOIRE
Le corps en fête,mains ouvertes, Entrecroisant tes sillons, Avec ceux du ciel et de la terre, TU ES L'ARBRE! L'UN, qui ne cesse d'être différent, Dans la campagne qui nous rêve, Tes chemins n'en finissent pas, Des peuples entiers trouvent place Dans tes lointains! Evoquant la douceur de vivre ensemble, Suspendus à tes lèvres, Au moindre battement de feuilles (tes milliers de cils) Ô MON ARBRE,JARDINIER DE L'AIR! ARCHITECTE DE LA MEMOIRE
A PASSION QUE VEUX-TU !
Je t'écris du noir des forêts D'une houle énorme,où des veilleuses vacillent, A chacune de tes paroles, Feuille après feuille la Mémoire fleurit A PASSION QUE VEUX-TU ! Du bout des branches chaque arbre se tutoie, Il suffit d'un mouvement de tes poignets, Du sentier blanc de tes bras frôlant Gouffres et cimes sonores,
Je t'écris du plus sombre des lieux, Paupières contre paupières,à pas de loups, Les rochers font des pas de deux Entre les robes de ronces et de fougères, A l'heure dense de ta Mémoire !
Précédent 51,52,53,54,55,56,57,58,59,60 Suivant
|
Macareux moine |