POESIE / MAN.2006

                       MANIFESTATION

PAR VAGUES DE COULEURS / DANS LA JOIE, LA CLAMEUR /
NOUS EXPRIMONS NOS VOEUX / DE SOCIETES MEILLEURES ! /
NOS YEUX, NOS CORPS, NOS PAROLES / VIBRANT A L'UNISSON /
SONT PORTEURS D'ESPOIR / NOUS REFAISONS LE MONDE ! /
TOUS ENSEMBLE DANS LES RUES / OU DES FLOTS SE DEVERSENT /
NOUS LAVONS LES AFFRONTS DE LA PARTIE ADVERSE ! /
POLITIQUES ET PATRONS ONT LE COEUR RABOUGRI.../
TOUT NOUS SEPARE D'EUX ! / A BAS LES PRIVILEGES, LIBERONS LES BASTILLES ! /IL FAUT QUE CESSE ENFIN L'ESCLAVAGE MODERNE ! / VOILA LE PEUPLE QUI DANSE, /
C'EST LE TEMPS DU PARTAGE ! / LE PRINTEMPS QUI AVANCE, /FAIT MIROITER LES AGES/ DES MILLIERS DE MAINS, DE VISAGES, SONT COMME AUTANT D'OISEAUX /DANS LE CIEL RETROUVE ! /

PASSIONS HERETIQUES

Ton absence depuis si longtemps/ Ce poison versé en chaque
instant/ Tous ces replis d'effroi sur un linge blanc/ O souffles
blêmes, ô insomnies !/ Dans la gorge bleue du ciel, les arbres
dardent leurs poignards effilés/ La chute d'un ange est
annoncée !/ J'étouffe sous ma langue, les feux bleutés et
transparents des glaciers/ Il n'y a pas d'issue hors l' émission
d'actes insignes/ O cette masse orageuse de tous tes actes,
mon aimée !/ Du pied de la tour, je guette le chemin de ronde
de tes pensées/ Des corbeaux font des encoches accomplies
dans l'azur !/ Je respire l'air pur des passions hérétiques/
Je ne suis pas humain/ J'étouffe au sein des miens !/ Que la
rivière enfin me couche sous sa poitrine tumultueuse/ Là-bas,
une petite hirondelle affine le désir d'aimer !/

ELLE CHEVAUCHE A JAMAIS

Elle chevauche à jamais les gouffres de l'oubli/
Le temps en sa présence se démet de son poids/
Il se fait antilope aux longues jambes d'émoi/
Laetitia espace l'Amour et lui donne des petits/
Les animaux délaissés saluent leur palefrenier/
De toutes leurs racines les arbres se délassent/
Une fiancée est née qui follement embrasse !/
Assemblant tous les gestes de l'immensité/
Les chamois bondissants tissent les voeux des montagnes/
Laetitia fleurit en rêve les plus grandes distances/
Et les ombres énormes du désir se déchaînent/
Sur les steppes libérées des horizons sanglants/

                       LES AMANTS

Remontant vers la source,
Une procession de rochers s'agite,
Comme amants sont-ils pesants !
Nés pour être quittés,
Savent-ils ce qu'est aimer ?
Par quel oubli sourd sont-ils là !
Rochers balourds,
Chaos de l'Amour humain,
Changez de place, pauvres rochers,
Soyez plus rapides que l'eau,
Cessez de vous appuyer, dansez !
La source n'est jamais là où vous croyez!

 

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