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MANIFESTATION
PAR VAGUES DE COULEURS / DANS LA JOIE, LA CLAMEUR / NOUS EXPRIMONS NOS VOEUX / DE SOCIETES MEILLEURES ! / NOS YEUX, NOS CORPS, NOS PAROLES / VIBRANT A L'UNISSON / SONT PORTEURS D'ESPOIR / NOUS REFAISONS LE MONDE ! / TOUS ENSEMBLE DANS LES RUES / OU DES FLOTS SE DEVERSENT / NOUS LAVONS LES AFFRONTS DE LA PARTIE ADVERSE ! / POLITIQUES ET PATRONS ONT LE COEUR RABOUGRI.../ TOUT NOUS SEPARE D'EUX ! / A BAS LES PRIVILEGES, LIBERONS LES BASTILLES ! /IL FAUT QUE CESSE ENFIN L'ESCLAVAGE MODERNE ! / VOILA LE PEUPLE QUI DANSE, / C'EST LE TEMPS DU PARTAGE ! / LE PRINTEMPS QUI AVANCE, /FAIT MIROITER LES AGES/ DES MILLIERS DE MAINS, DE VISAGES, SONT COMME AUTANT D'OISEAUX /DANS LE CIEL RETROUVE ! /
PASSIONS HERETIQUES
Ton absence depuis si longtemps/ Ce poison versé en chaque instant/ Tous ces replis d'effroi sur un linge blanc/ O souffles blêmes, ô insomnies !/ Dans la gorge bleue du ciel, les arbres dardent leurs poignards effilés/ La chute d'un ange est annoncée !/ J'étouffe sous ma langue, les feux bleutés et transparents des glaciers/ Il n'y a pas d'issue hors l' émission d'actes insignes/ O cette masse orageuse de tous tes actes, mon aimée !/ Du pied de la tour, je guette le chemin de ronde de tes pensées/ Des corbeaux font des encoches accomplies dans l'azur !/ Je respire l'air pur des passions hérétiques/ Je ne suis pas humain/ J'étouffe au sein des miens !/ Que la rivière enfin me couche sous sa poitrine tumultueuse/ Là-bas, une petite hirondelle affine le désir d'aimer !/
ELLE CHEVAUCHE A JAMAIS
Elle chevauche à jamais les gouffres de l'oubli/ Le temps en sa présence se démet de son poids/ Il se fait antilope aux longues jambes d'émoi/ Laetitia espace l'Amour et lui donne des petits/ Les animaux délaissés saluent leur palefrenier/ De toutes leurs racines les arbres se délassent/ Une fiancée est née qui follement embrasse !/ Assemblant tous les gestes de l'immensité/ Les chamois bondissants tissent les voeux des montagnes/ Laetitia fleurit en rêve les plus grandes distances/ Et les ombres énormes du désir se déchaînent/ Sur les steppes libérées des horizons sanglants/
LES AMANTS
Remontant vers la source, Une procession de rochers s'agite, Comme amants sont-ils pesants ! Nés pour être quittés, Savent-ils ce qu'est aimer ? Par quel oubli sourd sont-ils là ! Rochers balourds, Chaos de l'Amour humain, Changez de place, pauvres rochers, Soyez plus rapides que l'eau, Cessez de vous appuyer, dansez ! La source n'est jamais là où vous croyez!
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Etty Hillesum
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