Passion du témoignage

Témoignerai-je assez, au nom de ceux qui rêvent,
D'un amour infini, auquel tu me convies ?
Tout manque à être vu, écouté, dit,
Ecrivons, avant que le Léthé brûle nos lèvres !

Tant d'univers vivent en moi sous ta régence,
Enfants des rires du soleil, de l'eau et du vent,
Tes façons d'être me nourrissent éternellement,
Bravant les hauteurs, tes oiseaux s'élancent,

Tu es là, à travers tant de paysages,
Par les cimes que l'on devine au loin,
Sentinelles d'abimes dont je ne vois pas la fin,
Grâce à toi, perdure le mystère de doux visages,

L'innocence de ton Nom, derrière les peupliers,
Prend la forme d'un vallon, dont j'apprends les secrets,
Tu m'apparais souvent dans l'aube d'un noisetier !

Entends-tu, là-bas, les soupirs des ravins ?
Où la vie doucement marque une pause,
En retrait par la force des choses,
Evoquant ces creux, c'est comme si,
Je caressais la paume de tes mains,

J'épouse le feuillage des souvenirs,
Vibrant d'orages et de sources,
Mes pensées tournées vers la Grande Ourse,
Les Pléiades brillent de nos désirs !

Je t'ai connue à l'enseigne du pré qui boit,
Près des ruisseaux que nul ne voit,
Hormis les peuples animaux,
L'univers est féérique par la grâce des troupeaux,

Ceux qui tremblent de trop donner,
Permettent les tablées fraternelles,
Des champs de la terre comme du ciel,
Le feu de l'amour brûle dans ton genou plié !

              

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