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( en mémoire de Jules Supervielle )
J'apprends la tendresse aux hommes Que j'étreins sans les renier Je suis l'amour en somme A travers mes ruches de baisers
Je compose des rondes d'instants Feuillages alanguis, ciselés à l'envi Amours de toute une vie Greniers dont je fais un paradis!
Je porte sur mes cimes Les promesses de songes Mes fougères dentelées Font danser les ombres Mes labyrinthes creusent le temps Qui n'en peut mais, Je le distille Vers des puits où nous sommes amants Notre goût du mystère fait craquer les brindilles En mon sein mûrissent Les fruits de la mémoire Je me sens redevable de bâtir une Histoire Exempte d'horreurs et de gloires, Mes arbres veillent sur toute vie, A branches que veux-tu, mes demoiselles Autour des tendres voeux que sont les nids Je crée depuis toujours un monde fraternel!
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 Laurence Laulé : Femme à la pierre de protection
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