Ô femme pressentie !

( Si la littérature n'est pas écrite pour 
rappeler les morts - humains, animaux -
aux vivants, elle n'est que futilité. )
Louise Michel.



Le devenir du monde dépend de ta venue
Qui n'est jamais acquise, aussi près que tu sois
Ce que l'on peut atteindre n'est jamais ce qu'on voit
Les oiseaux de tes mains émeuvent la Terre nue 

Tu es la médiatrice en qui j'ai toujours cru
Je n'ai jamais oublié ton Nom, ton visage, tes yeux
Le ressac des souvenirs, brouillés de tant d'adieux
Des peuples sans patrie marchent vers toi émus

L'humanimale Histoire se fait par ta Mémoire
Gardée au fond de soi pour ne pas te trahir
Dans chaque instant à vivre consacré à te lire
Ta présence donne à voir, plus loin que tout regard

Tu précédais toutes choses avant qu'elles n'arrivent
Ô éternelle promesse de nos désirs ardus !
Amère nostalgie d'univers perdus
Rejoindrons-nous un jour tes rivières d'eau vive ?

Bergeronnettes, poissons, chevaux rêvent de Toi
La rumeur des feuillages propage tes paroles
Une neige d'outre-ciel mène une farandole
Fidèle à tes hameaux jusqu'aux bouts de leurs toits

L'eau claire de tes poignets enchante les saisons.
 
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Franz Marc : Daims dans la forêt
Franz Marc : Daims dans la forêt