Nausicaa aux bras blancs

Il me faut creuser sans fin
Le mascaret d'ombre et de lumière
De la pensée qui désaltère
Là où le champ jouxte les sapins

Au seuil qui voit le temps
Hésiter dans le chemin à suivre
Je reconnais mon Amour ivre
Envers une femme au coeur innocent

A la lisière de ses poignets
Nul soldat pour faire la guerre
La beauté combat la misère
Des rivières varient leurs effets

Ô margelles de sa robe
Au-dessus des sources vives
De ses chevilles ceintes par la sylve
De sa parure, tissant l'espace d'orbes !

Notre Amour se dénoue à travers les prairies
Je lui offre des colliers de nuages
Ses désirs multiplient les feuillages
Les hirondelles caressent un ciel ravi

Impossible d'oublier le moindre de ses gestes
Tout ce qu'elle fait fleurit les chambres de mon âme
Ses paroles dans l'âtre animent tant de flammes
Avec elle la Vie ne demande pas son reste

Elle est le vent qui va, sans notion de frontière
Ses orages sur moi éblouissent les heures
M'imposant des outrages imprégnés de candeur
Par l'Amour d'une fée j'ai vaincu les Enfers

Nausicaa aux bras blancs éclaire chaque plage
Il semble que des mouettes tissent les jardins de l'azur
Chantant la vie intense au nom d'un monde plus pur
Tout Ange sauvant un être lui évite maints naufrages.

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Gentiane Bleue
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