MYSTERE DES LOINTAINS

A TRAVERS LES INFINIS QUI NOUS LIENT/ BEAUCOUP DE PERSPECTIVES VOIENT LE JOUR/
JE ME SOUVIENS DE TOI AU-DELA DE L'HISTOIRE HUMAINE !/ CHACUN DE TES GESTES EST AMOUR /
TES MAINS VEILLENT LES NIDS D'OISEAUX/ O CES FALAISES DE TES MAINS ( OU CHAQUE INSTANT
D' UNE JOURNEE TIENT)/ LE TEMPS AIME SE BLOTTIR A LEURS PAROIS/ PAR TOI LA MEMOIRE
S' ETABLIT/ TOUJOURS VIVANTE RIVIERE HORS DE SON LIT !/ LES VAGUES OURLEES DE TES LEVRES
ORDONNENT LES OCEANS/ DE TON SOURIRE S' HONORENT MOUETTES ET GOELANDS/
J' AI TOUJOURS REVE AUX VALLONS DE TES CHEVEUX PROLONGEANT LE MYSTERE DES LOINTAINS /
LE LAC BAIKAL SE MIRE DANS TES YEUX !/

NEIGES ETERNELLES DES VINGT ANS DE LAETITIA !
Dans tes forêts se vit l'Amour/ Sous les fougères à capeline/ Au sein des mousses recueillies/
A l'abri des feuillages la mémoire fait son nid/
Dans tes forêts sévit l'amour/ ( Plus qu'en tous temples et cathédrales )/
Loin de l'hypocrisie sociale/ O toi si longuement cherchée !/
J'ai toujours fait mûrir la distance entre toi et moi/
QU'IL NEIGE ! AVANT TOUT QU'IL NEIGE !/
Mes sources tournées vers toi/ Depuis l'amont des origines/
Etoilent leurs éventails d'innocence, vers ta robe Océan !/
J'ai toujours pensé l'histoire du monde, en fonction de ta venue/
( Que vous ayez un sens toutes deux)/
Te vivre, c'est croire qu'un autre déroulement des choses est possible/ 

                LIEUX DE MEMOIRE

Dites-nous, frères et soeurs animaux,
Quelles étendues nouvelles, quelles histoires
Portez-vous sous vos pas ?
Quelles paroles remuées dans la terre, le ciel et l'eau?
Dites-nous quels rassemblements contre l'oubli
Vous mènent en certains lieux?
Tout nous manque à nous humains où vous êtes
Où vous disparaissez (fuyant la sauvagerie des hommes)
J'interroge vos yeux : puits en eau profonde, prairies
Et arbres sombres, nuages !
Vos ailes, nageoires, museaux sont autant de moments
De joie intense,
Comme vous chevauchez les éléments!
Vous qui vivez sans (interruption de) la conscience néfaste,
O frères et soeurs, pour quelle étreinte cachée
Vivez-vous au coeur de votre éloignement ?
Vous, tellement présents de n'avoir pas de masques !

 

 

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Sylvia Plath
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