La Mer, c'est Toi

Emaillée de poissons, de moutons,
Comme autant d'éclats de vie,
La mer tisse l'espace à l'envi,
Coud et recoud l'horizon,

Mais c'est ta robe que je vois,
Animant de ses plis, jour et nuit,
Ce long pavois qui nous unit,
Me protégeant contre le froid,

Chacun de tes sourires dessine une vague,
Ou un oiseau, c'est selon,
Tu changes souvent de visages,
Chantant l'amour en toutes saisons!

Merci à tes lèvres, tes baisers,
De même qu'à tous tes décolletés,
Suivant le rythme des marées,
Tu fais le bien sans y penser,

Tes paysages sont légions,
Cimes, prairies, lisières, vallons,
Pour de tendres traversées,
Dans la plus grande nudité,

Je me love en tes cheveux,
Caresse d'algues, terrains de jeux,
Je nage, baigné par ta voix,
Sans jamais faillir à ta loi,

Ô femme aux îles bleues!
Tu fais danser l'univers, enfin joyeux,
Quand rien ne le divise,
Les mouettes effleurent tes jardins,
De coups d'ailes adamantins,

Ta robe, moire des souvenirs ombreux,
Submerge les rochers langoureux,
Près des falaises veillant ton amour,

Ô femme, louée sois-tu, de bercer le coeur des anges,
Parmi tes vergers au long cours!

                                     

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Sabot de Vénus
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