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Au-dedans de toi-même, L'univers est en fleurs, Eblouissant ton coeur, Tu aimes à perdre haleine, Quand les vergers la nuit, Frissonnent encore des gestes, Effectués en plein jour, Par les anges célestes, Ô abeilles amies, Messagères du soleil Et des fruits de l'amour! Les arbres font la ronde, De joie vêtus, crinières au vent, Chevaux blancs, Fécondant la pénombre, Les oiseaux dorment à peine, Quand les vergers la nuit, Transforment le monde, Sous la lune rousse ou blonde, Les robes des pommiers Bruissent de chuchotis, La mémoire se déplie, Au-dedans de toi-même, Hélios épouse les rivières, Tu fais place en ton coeur, A tant de peuples frères, Tu marches en compagnie D'océans, de forêts, Corolles exauçant tes souhaits, La douce neige des troupeaux Eclaire les prairies, Dans les vergers la nuit, Si une aile te frôle, Tu es l'amant, A chaque aube nouvelle, Des îles surgissent en toi, Visages de mouettes, d'hirondelles, Que tu protèges du froid, Iles louves, éprises de liberté, Iles étoiles, ouvrant sur l'infini, Iles phares du mystère d'aimer, Chantant l'innocence à l'envi, Assez de trahisons, De vies rayées d'une croix, Tes choix soutiennent l'horizon, L'avenir s'abreuve à tes sous-bois, Tu songes à ces naissances, Printemps, bosquets lilas, Bercées en ta semence, Iles sphères, mimosas, Enfants portés en soi, Jusqu'aux sources des genêts! Afin que l'humanité retrouve la raison, Iles, sentinelles de la passion, Iles, forges des secrets, Ajourant l'éternité.
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 Laurence Laulé : Après le bain (Etude d'après Degas)
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