Au carrefour de l'absence

Tu te suspendrais à mon cou
Comme le soleil après la lune
La rivière liant le champ
Et toute l'infortune du monde
Disparaîtrait d'un seul coup
A chaque fois mon coeur s'emballe
Quand je pense à ce geste délicieux
D'une femme enlaçant de ses bras
Un coq dans ce tableau de Chagall
Je crois à l'Amour sans y penser
Au jour que fait l'oiseau
Dans le ciel désarmé
Ma maison est l'univers étoilé
Dont tu sais malgré toi toutes les entrées
Tes cheveux prennent racine en moi
Me fécondant de baisers
Que l'on ne peut garder pour soi
Tellement d'êtres en sont privés
Je rêve à tes neiges sur d'autres cimes
Que les miennes
Car je t'ai perdue
Au carrefour de l'absence
Depuis le premier jour
La trahison de l'innocence
La nuit je veille tel un faon
Blotti entre les bras des fougères
Leurs moissons de caresses
J'hume les délices de la terre
Embrassant les arbres à la ronde
Vêtus à ton image de robes profondes
Tu es partout présente
Parmi les mûriers, les lierres, les ronces
De tes mains vives et légères
Je m'abreuve de ton mystère
Mais comment puis-je t'atteindre?
Sachant l'impossible toujours à l'oeuvre
Ces mots qui ne sortent pas
Ces pensées figées au fond de moi
Quand m'envahissent tes départs
Au fil des siècles lourds de mémoire
Les tragédies faisant l'histoire

Mes désirs sans objet, autre que ta liberté
Celle de toute créature à travers toi
Te rendent éternelle
Je vis, je meurs aux marées de ta voix.

                        

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Macareux Moine
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