A la rencontre des autres, J'ai tant vécu, Le coeur bercé de visages ingénus, Transpercé par une attitude,
Le moindre geste, Ce que l'on ne contrôle pas, L'imperceptible à l'oeuvre, Une forme de mystère, L'innocence d'une joue, Un regard en arrière pour dire: -"Je tiens à vous, quand vous reverrai-je ? Sachez qu'en moi je vous protège!" Mais comment transmettre ces mots-là ? Avant que l'absence ne nous sépare, De quelle façon combler l'exil ? Où nous ont mis les guerres, l'égoïsme, Les politiques de la misère, Ô cauchemars, ô torpeurs! Tant de cynisme habite certains hommes, Une folie sans nom depuis des millénaires! Comment dire "je vous aime ?" Quand cet élan n'a plus de sens, Ruiné par la médiocrité sociale, Le conformisme ambiant, Les jeux abêtissants d'animateurs T.V., Tel Chef d'Etat exhibant sa compagne En haut des Pyramides, "Parce qu'avec elle, c'est du sérieux !" Comment dire "je vous aime" ? Quand on est à la rue, Sur une bouche de métro, Et que l'on n'en peut plus, Comment dire que l'on aime? Avec un si grand nombre d'orphelins, Sur tous les continents, Ignorant la chaleur d'une main, A la rencontre des autres, J'ai tant reçu, Emu par une nuque frêle, Le mouvement d'un poignet, Des paroles échangées A l'ombre d'un jardin, Je n'ai pu oublier, une expression humaine Aussi bien qu'animale, Cette silhouette entrevue au loin, Qui nous rassure, Sa démarche légère, Ô magie, ô ravissements, Ô moments doux-amers ! Frissons, sources d'émois, Arcs-en-ciels de robes, de bras, Danses, chants de joie, Soleils et pluies de tes cheveux Jouant à chat, Si j'étais une forêt, mes frères, mes soeurs, Je vous prendrais tous, tels des arbres contre moi, Aucun de vous n'aurait plus jamais froid, Je porte en moi chaque naissance, Le désir d'un monde meilleur, Mon cercle familial ne se résume pas, A ceux que l'on dit "proches de moi", Je l'étends au-delà, à toute créature! Il me semble savoir pourquoi Le malheur existe, C'est que l'Homme a divisé l'univers, En fonction de ses besoins pervers, Jouissant au quotidien de plaisirs assassins, Se fiant aux apparences, aux rapports bon teint, Peste soit la mode de l'art culinaire! N'aurions-nous pas envie D'une jouvence d'approche, Par la grâce des fleurs, des oiseaux ? Penser la Création, jour après jour, En prenant soin de l'autre ( humanimal ), Son âme dévoilée, estimée pas à pas, C'est panser les blessures de l'Histoire, Célébrer la beauté, toute mémoire !
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 Gypaète barbu
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